Autour de l'alimentation

7 façons de soutenir nos paysans et consommer local

La crise du coronavirus a entraîné un retour à l’agriculture locale, aussi bien au niveau des particuliers que des grandes surfaces : que ce soit par mesure de sécurité sanitaire (prédilection d’un circuit court, avec moins d’intermédiaires et de transports, pour minimiser les risques de contamination), par obligation faute de pouvoir faire autrement (!), par élan de solidarité, par prise de conscience qu’il est nécessaire de s’approvisionner près de chez soi, de soutenir nos paysans, de manger sain ou pour tout autre raison, plus ou moins louable, le fait est là.

Cette prise de conscience, je l’ai eu pour ma part il y a fort longtemps. Je n’ai pas attendu qu’une pandémie apparaisse pour manger le plus local possible. Ceci étant, j’avoue que cette crise a décuplé mon envie de me nourrir avec de bons produits fabriqués ou cultivés à proximité, de contribuer à faire vivre les agriculteurs et autres artisans des métiers de bouche locaux, et de les promouvoir. J’espère ainsi que celles et ceux qui se sont tourné(e)s vers nos paysans pendant la crise vont continuer à s’approvisionner auprès d’eux par la suite.

Le métier d’agriculteur est essentiel, mais difficile, surtout en bio et assimilé (on en parle, entre autres choses, du fait que l’agriculteur doivent payer chaque année et être contrôlé régulièrement pour obtenir et conserver le label bio, tandis qu’en conventionnel, on peut faire de la merde et empoisonner le monde gratos ? Cherchez l’erreur…). Nombre d’agriculteurs mettent fin à leurs jours car ils ne s’en sortent pas, vendent à perte, ont trop de pression, trop de charge de travail, le couteau sous la gorge…

Il est plus que temps que ça change, vous ne trouvez pas ? Choisissons à qui nous voulons donner notre argent, qui nous voulons faire vivre. Les grandes et moyennes surfaces ? Les industriels ? Non ! Alors c’est parti pour un tour d’horizon de 7 façons d’acheter local et de soutenir nos producteurs !

Les différents réseaux pour acheter local

1. Les marchés

Allez flâner au marché de votre ville ou village, faites la connaissance des producteurs du coin, discutez avec eux, et achetez leurs bons fruits et légumes ! Attention toutefois : sur le marché, il y a aussi beaucoup de revendeurs de produits qui ne sont ni en bio/lutte intégrée/agriculture raisonnée/permaculture, ni de saison, ni locaux malheureusement. Quelques indices pour les repérer : ils ont généralement un vaste stand, avec une grande variété de fruits et de légumes (courgette, aubergine, poivron toute l’année ? Fuyez !), des produits exotiques, standardisés (sans taches, uniformes), avec des étiquettes collées dessus (pommes, poires, avocats…), des noms de catégories (ex : « Carottes catégorie II ») et des panneaux indiquant au mieux l’origine « France », sinon d’autres pays. On trouve aussi des revendeurs de fruits et légumes bio, mais ils se fournissent bien souvent chez des grossistes et non auprès de petits producteurs locaux. Enfin, certains producteurs cumulent vente des produits de leur exploitation et revente d’autres produits. Bref, il y a de tout, mais une fois que vous aurez pris vos marques, que vous aurez bien ciblé les maraichers en qui vous pouvez avoir confiance, vous saurez de suite vers qui vous diriger et ne perdrez pas de temps ! À vous d’avoir l’œil, et le bon ! 😉

À Nice, nous avons deux principaux marchés : celui de la place du Général de Gaulle, quartier de la Libération, et celui du cours Saleya, dans la vieille ville. Ouverts tous les matins, du mardi au dimanche. D’autres marchés plus petits ou moins connus existent aussi dans d’autres quartiers de la ville (se renseigner auprès de la mairie), comme celui de la place Saint-Roch par exemple.

Le marché propose également d’autres denrées en plus des fruits et légumes : fromage, miel, œufs, confitures, olives et huile d’olive, etc.

2. Les AMAP

Les AMAP sont des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne. Elles ont été spécialement créées dans le but de soutenir l’agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l’agro-industrie. Elles fonctionnent sous forme d’adhésion sur une période définie. Le consommateur s’engage ainsi à payer d’avance ses « paniers » , qu’il recevra toutes les semaines ou deux semaines au choix, à un prix juste et équitable. Les produits sont ultra frais, saisonniers, issus d’une agriculture locale (dans un rayon de 250 km max.) respectant l’environnement et la biodiversité, et très souvent labellisés biologiques.

En dehors des contrats de base fruits et légumes, on peut parfois trouver des produits laitiers, de la viande, du poisson, du miel, des œufs, etc. On ne connaît pas à l’avance le contenu de son panier en matière de légumes, c’est la surprise ! 😊 Mais c’est super parce que souvent, vous êtes amené à découvrir des variétés anciennes, à côtoyer du « nouveau monde »  ! Pour les fruits, ça dépend, parfois vous avez la possibilité de choisir des cagettes « monofruits  » par exemple, en fonction des saisons, des récoltes.  Quant aux autres denrées, optionnelles, on peut choisir ce que l’on veut de manière assez précise, mais tout cela est à vérifier selon le fonctionnement de l’AMAP choisie et des propositions des producteurs.

Par le biais de l’AMAP, vous vous engagez à soutenir les producteurs sur la durée quelle que soit la production, qu’elle soit bonne ou mauvaise, et quel que soit le contenu de votre panier (taille, diversité, aspect des fruits et légumes). C’est une réelle démarche de solidarité. Bien entendu, vous n’êtes pas pieds et poings liés : si le modèle ne vous convenait finalement pas, vous pouvez tout à fait ne pas renouveler votre adhésion. Je vous invite à consulter un annuaire des Amap afin de trouver l’AMAP la plus proche de chez vous et à découvrir plus en détail les valeurs et principes d’une AMAP.

Ça, c’est l’un des paniers AMAP de ma copine Grenadine, qui est abonnée à l’une d’entre elles depuis des années !

3. La Ruche qui dit oui !

Avec La Ruche qui dit oui !, il n’y a pas d’adhésion, vous commandez en ligne les produits de votre choix disponibles dans votre Ruche de quartier, et vous allez les récupérer à un endroit précis à la date et heure indiquées. D’origine française, la Ruche existe aujourd’hui dans plusieurs pays européens. Au fil des ans, j’ai pu entendre du positif comme du négatif sur la Ruche. Parmi les aspects qui font polémique :

  • La Ruche qui dit oui ! est détenue par une entreprise privée, avec à ce jour une centaine de salariés, des responsables de ruche rémunérés ;
  • Ce que nous pouvons appeler la Ruche-mère de Paris se prend une marge sur le travail de toutes les ruches existantes (et donc des producteurs) ;
  • De riches hommes d’affaires y ont investi des fonds et en sont actionnaires (Xavier Niel, Président de Free, ou Marc Simoncini, co-fondateur du site de rencontres meetic.fr par exemple) ;
  • La Ruche qui dit oui ! surfent sur une tendance, est opportuniste ;
  • Les produits ne sont pas forcément de qualité, biologiques, vraiment locaux.

Dans les AMAP, il n’y a que des bénévoles et personne ne touche d’argent à part les producteurs, dont l’intégralité du prix de leurs produits leur revient. Ce qui n’est pas le cas avec la Ruche qui dit oui !, qui reste cependant un débouché complémentaire pour les petits producteurs, potentiellement plus avantageux que dans la filière classique. La Ruche est également plus souple qu’une AMAP puisque vous n’avez pas à souscrire d’abonnement, et vous commandez ce que vous voulez, quand vous voulez… mais aussi moins rassurante pour l’agriculteur qui n’a pas forcément la même demande en produits d’une semaine sur l’autre et ne peut donc pas prévoir ce qu’il va pouvoir écouler ou non. Voilà, je préfère être claire sur ces points, mentionnés dans plusieurs articles du Web, comme ici, ou encore sur le site de Reporterre.

Ceci étant, hormis la présence d’une Ruche-mère, d’un business autour de ce système, je pense qu’il y a aussi des responsables de ruche réellement désireux de promouvoir les producteurs locaux et de proposer des denrées saines. Ce n’est visiblement pas un modèle construit de la manière la plus éthique qui soit, mais je pense que cela peut malgré tout contribuer à soutenir les agriculteurs et à avoir une meilleure alimentation.  

Faute de pouvoir me rendre au marché pendant le confinement, je me suis décidée à tester la ruche de mon quartier qui continuait ses distributions. Eh bien vous savez quoi ? J’ai beaucoup apprécié : des fruits et surtout des légumes ultra variés d’un agriculteur local, basé à la Colle-sur-Loup, qui cultive en production biologique intégrée, et qui, à ma plus grande joie, fait pousser des patates douces ! Je n’en ai jamais trouvées en provenance de mon département. 😍 La Ruche qui dit oui ! m’a donc permis de découvrir un agriculteur auquel je n’ai jamais eu accès par un autre biais. Par contre, j’ai pu remarquer que certains produits de ma ruche, certes français, ne sont pas bio ou assimilés et peuvent venir de beaucoup plus loin. À vous de voir les engagements et la qualité des ruches près de chez vous, et d’opter pour des produits locaux.

4. La vente à la ferme

Certains exploitants agricoles proposent la vente directement à la ferme. Il n’y a pas plus court comme circuit ! 😉 N’hésitez pas à vous y rendre, c’est toujours sympa de découvrir là où pousse ce que vous mangez ! Peut-être pourrez-vous vous-mêmes cueillir vos fruits ou vos légumes si la ferme propose la cueillette sur place. Dans le 06, vous pouvez par exemple aller chez Monsieur Auddino (Pépino pour les intimes) situé à La Gaude, le mardi de 17h30 à 19h30 pour acheter sur place. Si vous êtes du côté du Var, vous pouvez vous rendre à la Ferme du Rocher, à Roquebrune-sur-Argens, qui propose la cueillette.

5. Les groupements de producteurs

Des producteurs se regroupent pour proposer leurs produits fermiers, à l’instar de la Coop des Baous, qui propose des produits issus de l’agriculture des Alpes-Maritimes tous les samedis et dimanches (et jours fériés), sur le plateau de St Barnabé, au col de Vence. Une bonne idée ? Aller faire ses courses à la Coop et en profiter pour faire une rando avant ou après, les lieux sont superbes ! 😉

6. Les épiceries de produits locaux

À Nice, nous avons des épiciers locavores tels que Jean de la Tomate que je vous ai déjà présenté, ou encore 21Paysans, qui ont à cœur de promouvoir notre terroir en faisant la part belle aux produits régionaux. En achetant chez eux les fruits et les légumes de producteurs locaux, vous faites d’une pierre deux coups en soutenant également nos petits commerçants locaux engagés. Je suis sûre que ce type d’endroits existe aussi chez vous !

7. La livraison de paniers à votre domicile

Des sites comme La Ferme à la maison ou Le Marché de Seb proposent de vous livrer votre commande de produits bio et locaux chez vous, à votre travail ou dans un point relais. Fruits, légumes, yaourts, fromages, œufs, tartinades, pain, confitures pourront être au rendez-vous, en fonction de vos choix. Cela peut être une alternative vous permettant d’avoir de bons produits sans vous déplacer si vous n’en avez pas le temps ou êtes dans l’incapacité de le faire.

Voilà ! J’ai fait le tour de ce qui me venait à l’esprit en termes de solutions pour favoriser une agriculture locale, de saison, avec le moins d’intrants chimiques possible. À vous de privilégier le ou les circuit(s) qui vous conviennent le mieux, en fonction de vos priorités, valeurs et contraintes (financières, géographiques, etc.). Un site comme Made in 06 vous fournira une liste des producteurs et artisans des Alpes-Maritimes (pas toujours en agriculture bio ou raisonnée par contre) et des endroits où acheter local.

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